🎤 L'interview "Portrait de Boardeuse" : Ndzaï

On a profité d'un moment de calme entre deux parties pour s'installer avec Ndzaï. On voulait comprendre comment on passe de "joueuse du dimanche" à "propriétaire d'une ludothèque qui ferait rougir un magasin spécialisé".
Ndzaï, d'où te vient cette passion pour les jeux ? Est-ce qu’il y a eu un jeu "déclic" qui t’a fait basculer ?
Ndzaï: « Enfant, j'ai joué au Monopoly, à Labyrinthe, Hôtel ou Destins. Puis, en devenant maman, j'ai longtemps joué à Croque-carottes avec mon fils. Quand il a eu 10 ans, j'ai proposé à mon mari d'acheter des jeux de société plus évolués. On est entrés dans une boutique spécialisée et on a acheté King of Tokyo et 7 Wonders Architects, sur les conseils du vendeur. On jouait encore occasionnellement, même si on avait bien aimé 7 Wonders. Le vrai déclic, c'est quand mon mari est parti à l'étranger pendant 4 mois. J'ai commencé à acheter d'autres jeux pour occuper mes trois enfants et j'ai commencé à regarder des vidéos sur internet pour découvrir les nouveautés. C'est là que j'ai réalisé qu'il existait un monde de jeux stratégiques que je ne soupçonnais même pas. Pendant ces 4 mois, je suis allée toutes les semaines dans la boutique et j'ai fait beaucoup d'achats. Mes enfants ont testé tous ces jeux avec moi. C'était il y a... 3 ans. »
Quatre mois de shopping hebdomadaire ? Ton banquier a dû sentir passer le déclic ! 😅 En tout cas, 240 jeux sur MyLudo, c’est énorme. Comment est-ce qu'on organise une telle ludothèque chez soi ? C'est la méthode "Tetris" ou c'est rangé par couleur ?
Ndzaï: « Je n'ai même pas la sensation d'avoir autant de jeux ! J'utilise effectivement la technique Tetris, mais le problème, c'est que ça ne rentre plus ! »
Le souci avec Tetris, c'est que quand on range bien, les lignes sont censées disparaître, alors que chez toi... bref ! Et comment as-tu découvert l'association dans tout ça ? Tu viens pour tester les nouveautés des autres ou tu préfères apporter tes propres pépites ?
Ndzaï: « Au forum des associations, j'ai croisé Thomas qui avait installé des jeux sur le stand. Ça m'a immédiatement interpellée. Cela faisait un an que j'étais revenue sur Lyon et que je cherchais des joueurs. Venir à l'association me permet surtout de jouer, c'est vraiment ça que je cherche. J'emmène les jeux qui me donnent envie, puis je me laisse parfois tenter par d'autres propositions. »
C'est vrai qu'entre jouer et ranger, on a vite fait notre choix. Mais sur tes 240 jeux, il doit bien y en avoir quelques-uns qui prennent la poussière... Combien attendent encore leur première partie ?
Ndzaï: « Je pense qu'il doit y avoir seulement une dizaine de jeux en attente d'être joués, je m'en sors bien ! Là où j'ai plutôt honte, c'est que je n'ai souvent fait qu'une seule partie. Les jeux auxquels j'ai le plus joué sont finalement ceux aimés par mes enfants. »
Quand on regarde ta collection, on voit de tout, mais c’est quoi le "style Ndzaï" ? Plutôt gestion de ressources, ambiance, ou un bon vieux lancer de dés ?
Ndzaï: « J'aime les jeux de stratégie, particulièrement les jeux de pose de tuiles. Jouer sans interaction ne me dérange absolument pas, mais ça dérangeait mes sœurs par exemple ! C'est pour ça que j'ai commencé à diversifier ma collection. J'aime avoir de tout parce que j'aime trouver "le" jeu qui plaira au groupe que j'ai devant moi. Je pense que tout le monde peut aimer jouer, il suffit de tomber sur le bon jeu. »
C'est la philosophie parfaite pour une boardeuse. Mais si on passait à un scénario catastrophe : un incendie se déclare (on touche du bois !) et tu ne peux sauver qu'UNE seule boîte. Tu sauves quoi ?
Ndzaï: « Il m'est impossible de choisir car j'aime tous mes jeux. Mais réellement, je sauverais mes enfants ! »
Sage décision, les enfants sont quand même plus difficiles à racheter. Et justement, c’est quoi le dernier jeu que tu as ajouté à ta collection ? Il y en a un qui te fait de l’œil en ce moment ?
Ndzaï: « Le dernier acheté était 7 Yokai. Mon mari m'a demandé de freiner les achats, alors je ne vise pas de jeu spécifique en ce moment. »
Si on te forçait à ne garder que trois jeux pour le restant de tes jours, ce serait quoi ton podium ?
Ndzaï: « Je ne peux pas faire de podium, car je garde mes jeux pour qu'ils correspondent à mes invités. J'aime jouer à tout, j'aime la variété. Choisir seulement trois jeux, ce serait trop me restreindre. »
La variété, c'est le sel de la vie, surtout quand on a 240 épices différentes ! Une petite anecdote pour la route ? Ta plus belle victoire ou ta pire défaite au club le mardi soir ?
Ndzaï: « Je me rappelle d'une partie du jeu Sync or Swim. C’était un jeu qui n'emballait pas trop mon groupe au début. Et à la fin, on est passés de "on n'y arrivera jamais" à "tu le ramènes la semaine prochaine ?". C'était une belle victoire et une magnifique coopération. Vivre des émotions, c'est ce qui crée de bons souvenirs. »
Pour finir, quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui commence sa collection et qui voit ses étagères se remplir dangereusement ?
Ndzaï: « Je donnerais le même conseil qu'un ami m'a donné quand j'ai commencé à remplir mes propres étagères : "Attention, tu te rendras compte que tu n'as pas le temps de jouer à tous tes jeux." J'ai emmené Nidavellir l'autre soir, je ne l'avais pas sorti depuis 2 ans ! On finit par se demander pour qui, pour quoi on achète... Avoir 240 jeux quand on a le temps de jouer deux jeux par semaine, on finit par réfléchir à l'utilité de l'achat. J'ai une passion pour la découverte et la nouveauté, c'est pour ça que, malheureusement, je continue d'acheter... »