🎤 L'interview "Portrait de Boardeuse" : Alexandra

11 mai 2026 - Thomas
🎤 L'interview "Portrait de Boardeuse" : Alexandra

Il y a des légendes urbaines qui racontent que notre association est née sur des fûts de bière dans un bar sombre. Aujourd'hui, on déterre les dossiers officiels avec Alexandra, une joueuse présente depuis les véritables balbutiements de l'association. Entre deux voyages au soleil et une retraite spirituelle imprévue, elle a pris le temps de fouiller dans sa mémoire pour reconstituer le puzzle. Et croyez-moi, elle n'a absolument pas oublié mon comportement douteux et sanguinaire autour d'une table de jeu. Attachez bien vos ceintures pour ce voyage dans le temps.

Thomas : Peux-tu nous raconter l'époque héroïque, presque préhistorique, où Neuville-sur-Board n'était qu'un vague concept éthylique discuté au comptoir d'un bar sombre ?

Alexandra : L'histoire a débuté en 2019 par une de tes annonces sur internet où tu précisais que tu revenais du Canada. Le côté exotique 🍁 m'a tout de suite fait de l'œil car j'étais déjà joueuse à l'époque avec mon ex-mari et mes enfants. Vivant extrêmement mal ma séparation, j'avais un besoin vital de me changer les idées. Je suis venue et je suis restée, car tu étais drôle, bienveillant, taquin et grand [NDLR: ça aide pour attrapper les bôites]. On se retrouvait dans des bars et chez des brasseurs, je me souviens d'ailleurs très bien des tonneaux sur lesquels on jouait. Tu acceptais même mon fils adolescent les semaines où j'étais avec lui pour que je puisse venir pousser du pion. Ensuite, on est passés par la petite salle communale avant d'atterrir dans celle où nous sommes maintenant.

Thomas : Ah, cette petite salle exiguë, ça me rendrait presque nostalgique de nos débuts en comité très restreint. En parlant de cette époque, quel regard portes-tu sur l'évolution de la faune locale depuis que nous sommes devenus une grosse association sérieuse ? 

Alexandra : Personnellement et par rapport à mon vécu, je préfère les petits groupes. C'est bien plus convivial car on connaît les prénoms 🧠 de tout le monde et on discute un peu plus. Mais je comprends tout à fait qu'une association a besoin de grossir pour vivre. Et puis, peut-être que je vais enfin rencontrer un joueur qui fera basculer mon cœur au milieu de toute cette foule. J'ai d'ailleurs retrouvé un vieux calepin avec la date du 28 janvier 2020. C'était une soirée Neuville-sur-Board organisée à la maison, déjà six ans que cette belle aventure continue.

Thomas : Six ans de souvenirs et de soirées improbables, ça en fait des parties endiablées à ressasser. Justement, si tu devais déterrer un souvenir particulièrement épique parmi tous ces moments, quel serait le plus mémorable ?

Alexandra : Mon souvenir le plus marquant reste un fameux Galérapagos avec toi. On avançait super bien et, d'un coup, tu as décidé qu'on allait tous mourir sur cette île. Tu as littéralement tué tout le monde 💥 sous tes airs de petit ange candide. Tu cachais vraiment un petit diable sournois sous ton sourire. Je me souviens aussi d'une course de voitures (HEAT) acharnée chez toi qu'on n'a d'ailleurs jamais réussie à finir.

Thomas : Je plaide coupable pour ce massacre insulaire, mon côté machiavélique a totalement pris le dessus. Es-tu plutôt du genre à chérir les gros jeux de gestion ou préfères-tu les jeux d'ambiance ? 

Alexandra : À l'époque, je jouais avec des amis ou la famille à de très gros jeux. On sortait souvent 7 Wonders, Colt Express, Zombicide ou encore Wingspan. Mais il est vrai qu'actuellement pour les soirées du mardi je suis plutôt jeux d'ambiance. Ça permet de mieux connaître les personnes et surtout de beaucoup rire autour de la table. En ce moment, j'ai vraiment besoin de légèreté 🪶 dans ma vie de tous les jours. Ça ne veut pas dire que je refuserais une après-midi pluvieuse sur un gros jeu, mais plutôt confortablement installée chez moi ou chez quelqu'un.

Thomas : C'est vrai que la légèreté fait un bien fou, surtout quand on évite de s'entretuer pour une vulgaire gourde d'eau. Y a-t-il un jeu, un vrai, celui que tu ne refuseras jamais de sortir ?

Alexandra : C'est extrêmement difficile à dire car il y en a beaucoup trop. Peut-être un Codenames car ça demande une bonne dose de logique et de réflexion. C'est un peu le même plaisir qu'avec Secret Identity ou Colt Express. J'aime aussi beaucoup Space Aztecs 🚀 avec de grands fous rires grâce au Papayou que m'a fait découvrir Stéphane. Bref, il y a vraiment trop de bons jeux pour n'en retenir qu'un seul.

Thomas : Avec tous ces jeux en tête, tu as pourtant décidé de faire une pause loin de nos tables récemment. Tu t'es préparée à partir en retraite dans une abbaye, mais était-ce une tentative désespérée de fuir les notifications incessantes de nos groupes de joueurs ?

Alexandra : À l'abbaye, j'espérais surtout arriver à me débarrasser de ce smartphone chronophage. J'ai un peu réussi dans le sens où je ne le prenais pas du tout pendant mes heures de service. Ça faisait environ six heures ⏳ par jour sans regarder ce foutu truc clignoter. J'avais emmené des jeux dans ma valise, mais ce n'est pas facile quand on parle tous une langue étrangère. J'ai donc joué avec les autres volontaires du programme Workaway et j'ai oublié les sœurs et les frères.

Thomas : Je vois que tu as épargné les moines de tes stratégies, c'est sûrement mieux pour leur vœu de tranquillité. As-tu quand même réussi à initier tes compagnons de labeur à quelques pépites ludiques entre deux corvées ?

Alexandra : J'ai trouvé deux jeux qui allaient bien malgré la barrière compliquée de la langue. On a joué quelques fois au Hi Lo et au célèbre 6 Qui Prend. La femme d'Argentine d'environ soixante-cinq ans était très drôle et disait tout le temps "stop stop let me think". J'avais aussi emmené The Game, car c'est un format très facile à faire tout seul. Sinon j'ai passé vraiment beaucoup d'heures 🖍️ pendant ces trois semaines à faire de très beaux mandalas en coloriage.

Thomas : Entre tes mandalas silencieux et nos soirées bruyantes, le contraste doit être total. Comment décrirais-tu l'ambiance de Neuville-sur-Board à quelqu'un qui hésite encore à franchir la porte de notre salle ?

Alexandra : L'ambiance est vraiment bonne et le jeu en soi est très fédérateur. C'est un loisir libérateur et ça fait un bien fou au moral. Pendant ces soirées, on vit vraiment le moment présent à fond. Les pensées négatives ou celles en boucle dans la tête restent bloquées à la porte. C'est vraiment un médicament ❤️ et une véritable thérapie pour moi. Je dirais donc à quelqu'un qui hésite de franchir cette porte car on n'y trouve que du bonheur et de la joie de vivre.

Merci Alexandra pour ce voyage temporel qui me rappelle que mon exotisme canadien a su bâtir un empire. Si avec un témoignage aussi authentique vous hésitez encore à venir nous voir, la médecine ludique ne peut plus rien pour vous. Promis, je laisserai mon côté diabolique au vestiaire pour notre prochaine partie d'initiation. Venez tester cette fameuse thérapie par le jeu de société dès mardi prochain.